Nostalgie de la 3e mi-temps

Coup de griffe de chat crevé
mardi 7 janvier 2003
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Rien à faire j’m’y fais pas. La 3e mi-temps n’est rien sans les deux premières. Fini, bernique, ce moment magique où, éreintés, édentés, les combattants repus se réfugient les lèvres ourlées du houblon de l’oncle Duyck dans un désordre chimique et hormonal proche de la fin du monde. Intense de l’intérieur, parfois artificielle vue de l’extérieur, la 3e mi-temps au chronométrage incertain réunit et fusionne mais reste également, en toute impunité, la plus belle machine à exclure depuis l’invention de l’éducation nationale.

La 3e mi-temps qui fusionne

Soudons nous la gueule ! Ce slogan d’un autre temps, stigmatisa à lui seul certaines saisons - dont le millésime se perd dans la mousse de houblon - qui brillèrent plus par la qualité de la soudure que par les résultats sportifs. Mais il nous a fait oublier les discours angoissés d’entraîneurs métaphysiques, bondir sur les cimes enneigées des paradis artificiels, noyer dans des commentaires passionnés l’affront jamais lavé d’un cadrage débordement saboté, d’un 12 contre 1 fracassé par l’indigence technique d’un 3/4 centre surpuissant. Cette foutue 3e mi-temps, se raconte peu, mais brille dans tous les regards embués et faussement éteints des vestiaires du mercredi soir. Elle tisse des liens invisibles entre les hommes, décide des amis d’aujourd’hui, des ennemis d’après-demain, mais ne se commande pas. Elle est comme ça, se dérobe, fait long feu, répugne à se livrer ou alors explose en quelques minutes, atteint une force 12 sur l’échelle de maître Kanter, sans que rien - pas même les 40 litres de bières qui coulaient jusqu’alors en de méandres paisibles - n’aient laissé envisager une seconde une telle secousse.

La 3e mi-temps qui exclut

Oui mais voilà, cérémonie païenne, la 3e mi-temps, couronne les héros d’un dimanche et rejette sans pitié les spectateurs, les blessés, les passants, les entraîneurs ou même
les filles à soldats (créatures qui n’existent, je le précise que dans les lignes fantasques de la presse féministe). Les allusions à cette fââââ^meuse 3e mi-temps sacrifiée sur l’hôtel du professionnalisme, cachent l’essentiel : elle n’existe pas pour les non-joueurs. Le jeu, lui, peut revivre, par procuration, mais pas l’après-match. Sans sueur, sans crampon, sans maillots puants dans le sac de sport, là-bas près de la cheminée, la 3e mi-temps des autres, ceux à qui elle appartient le temps d’un soirée, reste une vague soûlerie, une mauvaise habitude, chassée d’un Doliprane (voire 2) bien envoyé. Ranger les chaussures est, qu’on le veuille ou non, tirer un trait sur l’anthologie, oublier la poésie, être comme le disait récemment Simon "comme un poisson dans l’herbe". L’après-rugby nous rend parfois petits, et rarement ne nous grandit. Des 3e mi-temps, il ne reste parfois que la mauvaise habitude des verres à répétition, la nostalgie de nos 20 ans et le fracas de la chute d’un homme fatigué sur la carrelage couvert de sciure d’un bistrot sans vie …

Foi de chat crevé !


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