Toute la vérité sur le maul

Michel Grondin
mercredi 1er janvier 2003
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Chacun s’accorde à dire que le rugby est un sport de purs artistes. Une passe croisée mettant une ligne de trois-quarts dans le vent, une double sautée qui laisse le troisième ligne aile cracher ses poumons pendant un bon moment, une chistera de folie qui fait planer sur le terrain un doux parfum de champagne, une feinte de passe réussie qui ridiculise son adversaire pendant une petite dizaine de générations, bref toutes ces actions ponctuent ce sport si noble de véritables éclairs de génie qui renvoient la bête bicyclette du footeux au rang de galipette ridicule et sans grâce qui se finit toujours le cul dans l’herbe. Tous ces mouvements magiques font se lever les foules admiratives mais surtout font mouiller ces hordes de jeunes filles en fleurs venues regarder, avec l’approbation de leurs pères, tous ces mâles charpentés se mouvoir à moitié nus, qui les entraînent dans des délires oniriques dans lesquels elles s’imaginent être ovale et de cuir, passant ainsi de bras en bras, serrées contre des poitrines velues et musclées, être l’enjeu de luttes féroces, pétries et malaxées par des mains larges et viriles, puis elles repartent l’échine chargée à bloc de 20000 volts et fantasmeront jusqu’au dimanche suivant. (Oui je sais, je m’égare, mais moi aussi je peux en faire des phrases qu’elles sont longues).

Mais il faut bien admettre, le cœur gros et la mort dans l’âme, que la plupart de ces actions est le plus souvent issue de la partie la moins épaisse et la plus agroupie de la photo d’équipe c’est-à-dire des trois-quarts (sigh..). Alors, Dieu dans son infinie bonté, a créé le maul, notre chef d’œuvre à nous, les gros. Aucune loi physique, aucun plan précis, aucune notice explicative ne régissent cette vague spontanée qui peut en un instant se transformer en raz-de-marée grâce à la science de vieux briscards, à l’association de quelques quintaux et une grosse dose d’alchimie. Arme redoutable et redoutée, elle a permis à maintes reprises de faire basculer l’issue d’un match, elle mine le moral de l’adversaire et lui coupe les jambes. Appelée tortue à Bègles, monstre à 16 pattes à Monferrand, le maul fait hurler et se lever la foule et ressemble à un troupeau de taureaux majestueux et furieux animé d’une chorégraphie lente et changeante, malheureusement mené par un roquet hurlant des ordres incompréhensibles et inutiles qui lui donne l’impression d’être important.

Mais le véritable but du Maul, je vais vous le révéler maintenant. En fait le Maul permet au gros Dédé, bébé boutonneux de 130 kilos, deuxième ligne et boucher de son état, de confisquer la balle le dimanche et d’empêcher, son cousin Robert centre et expert-comptable de placer son fameux cad-déb. Ainsi la petite Marie ne tâchera pas sa culotte petit bateau à vichy rose offerte par Dédé pour ses 20 printemps mais frissonnera lorsque dans un dernier coup de rein dévastateur Dédé atterrira en terre promise.

Et ça, on oublie trop souvent de le dire…………

MG


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