La magie du direct

Coup de griffe n° 10
vendredi 27 décembre 2002
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Rien à faire j’m’y fais pas ! A l’aube d’une saison prometteuse, et au moment où les projets de jeu mijotent doucement dans les cuves de la brasserie Duyck, rien, pas une allusion à un des monuments du rugby de nos vingt ans. Et oui, fumiers de jeunes, le bourre-pif - je veux parler DU bourre-pif homologué "plein groin" [Béziers, 1932] - se fait rare. Réhabilitons donc le bourre-pif, geste technique d’une pureté infinie, et qui, encore aujourd’hui, reste la plus belle façon de dire je t’aime !

Un travail, de sculpteur pas de maçon !

répétition collective avant un déplacement

A la différence des pratiques modernes (parpaings, mites ou autres pratiques indisciplinées…) le bourre-pif annonce la couleur. Ce n’est pas une main vaguement balancée au jugé - avec un rictus affligeant en prime -, un moulinet grotesque brassant l’air, le gazon, la vaseline et la chair tuméfiée ; l’objectif est clair : le pif, le blaire, le blase, le tarin, le naze, le tarbouif. Les qualités requises pour ce style d’exercice sont donc réservées aux plus talentueux techniciens, les travailleurs de l’ombre et du détail, les esthètes. Travail de sculpteur, et non de maçon, le bourre-pif ne peut donc atteindre sa pleine dimension qu’après une longue et pointilleuse pratique sans cesse renouvelée de dimanche en dimanche, de stade en stade, de zigounette en pilou-pilou… Mais, quelle est longue la voie qui mène au panthéon des bourreur de pifs ! Que d’arcades suintantes pour une erreur de hausse, que de dents déchaussées pour un écart de concentration, que d’yeux alignés pour un seul, un tout petit, un nez correctement tâté.

Une façon de dire je t’aime !

esquiver un bourre-pif

Pourtant, le bourre-pif est une bien belle marque de sympathie, de respect pour un adversaire impétueux entraîné par le sang qui bat à pleines saccades dans ses artères de jeunes. "Pif, paf, din tin nez !" Point de brutalité dans tout cela ! Point de barbarie ! Seulement un peu de considération et de déférence pour ce rival dominical. En effet qui n’a pas été meurtri, n’est pas rentré dans sa chambrette sombre et moite, le cœur un peu lourd, les yeux mouillés de pas avoir reçu ce petit plus qui fait, d’un après-midi battu par les vents un dimanche historique, d’une vaine cavalcade, un chevauchée légendaire ! Qui n’a pas doucement prononcé dans les vestiaires ces mots : "P’tain j’en ai pas pris un aujourd’hui !", en lissant doucement les traits d’un visage marqué par la tristesse de ce constat laconique ? Le bourre-pif est une façon de dire : plutôt que de te laisser dériver dans eaux malsaines et pernicieuses de l’erreur, je préfère tout de suite te ramener au respect des règles de la bienséance et du savoir-vivre… des fois que dimanche prochain tu tombes sur un brutal.


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