Le comité directeur

Coup de griffe de chat crevé
samedi 15 février 2003
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Rien à faire j’m’y fais pas - Le scepticisme des femmes, lorsqu’on aborde les activités extérieures à la sphère familiale, me laisse toujours sans voix. Jugez plutôt. « Chaiiiirie ! Le zident du rugby y m’a demandé d’être dirigeant la saison prochaine ; il faudra compter un comité directeur par mois à peu près. » La réponse cingle alors avec toute la perfidie dont est capable le sexe faible : « C’est tout ce que tu as trouvé pour aller te saouler la gueule au club-house ? »

Il faut dire, à sa décharge (arrête ça m’excite !), qu’il y a encore peu de temps, les traditionnelles grands messes mensuelles souffraient, comme on dit, d’un cruel déficit d’image. Les dirigeants arboraient souvent, dans le prolongement d’un dos légèrement cambré, une somptueuse panse, témoin de leur application à oublier dans la bonne chère, ce jeu de rugby que la nature et les années leur interdisaient de pratiquer. Les ventres étaient généreux et on y fumait ce que le tabac comptait de plus rustique en terme d’arômes et de mélanges. Le diabète tapi dans l’ombre, les poumons goudronnés et le RCV à faire tourner avec un bout de ficelle et trois vieux pneus : voilà le lot commun des dirigeants d’antan. Il faut bien dire que, le sérieux n’empêchant pas la convivialité, le whisky et la tisane de l’oncle d’Uyck étaient régulièrement invités à ces réunions de travail. La griserie favorisait alors l’émergence de concepts novateurs et de solutions progressistes. Il n’en fallait guère plus pour faire planer un vieux doute sur le contenu des débats quand l’haleine un peu lourde, les membres du comité directeur urinaient en rang d’oignons sur les préfabriqués, en hurlant à tue-tête une version méconnue de la tosca. Voilà donc comment l’équivoque a pu s’installer (injustement) dans l’esprit de nos chères épouses qui, copines de joueurs à cette époque, se construisaient un imaginaire bien utile 20 ans après pour nous gâcher la vie.

Seulement voilà, les temps ont changé, une nouvelle génération est venue progressivement épauler l’ancienne et, on peut le constater, les moyens ont considérablement évolué (on dit aussi que le club s’est « structuré »). Le comité directeur a donc connu une mue progressive pour se rapprocher du fonctionnement d’une réunion d’ordre professionnel (en beaucoup plus efficace, pour ce que j’en connais). Une vraie PME ! Il y a des responsables en pagaille, des commissions en veux-tu en voilà, un ordre du jour à la numérotation aléatoire, grand comme le casier disciplinaire d’Olivier Démoulin et de Fred Chastan. On y parle d’infrastructure, de budget, d’investissement, de projets, de gestion du personnel, de management, de lobbying ! J’vais te dire, fumier de jeune, j’ai l’impression de m’être trompé d’époque. J’aurai dû faire dirigeant d’abord et puis joueur ensuite. D’autant que lorsque, récemment, je suis revenu à la maison, après un comité directeur long comme un jour sans pain (deux heures et demie sans une canette), le feu arrière de ma berline pulvérisé par une rambarde du Stade Nungesser, j’ai bien vu dans l’œil de ma moitié qu’il s’en fallut d’un rien pour que la tôle froissée ne soit portée au crédit des boissons dont l’abus est dangereux pour la santé.

Et le niveau sportif dans tout ça ? Bin, en fait, à tout bien considérer, toutes choses égales par ailleurs, les choses étant ce qu’elles sont - j’aime beaucoup cette question et celle qui me l’a soufflée -. Disons que c’est la seule chose qui n’ait pas bougé d’un pouce en vingt ans. Il y a des valeurs qui ne se galvaudent pas.

Faith of burst cat !


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