Dans l’cochon, tout est bon

Michel Grondin (n° 2)
jeudi 26 décembre 2002
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Un plaquage trop appuyé, un maul mal engagé ou une poire mal placée et te voilà aux urgences ou dans le cabinet feutré d’un médecin. À toi, nouvellement blessé ou vieux traumatisé, voici un portrait de quelques médecins que tu rencontreras ou que tu as malheureusement déjà rencontrés.
Un vieux dicton dit « Dans l’cochon, tout est bon ». Eh bien, pour les nombreuses spécialités médicales, il en est de même du rugbyman.

Le plus gâté est sans conteste l’orthopédiste traumatologue. Entorses, fractures, luxations lui permettent d’exercer tous ses talents. Comme un vrai petit mécano, il met des plaques, des vis, des broches. Toujours très enthousiaste, le scalpel entre les dents, il voit arriver le rugbyman comme le loup voit le petit chaperon rouge. Il FAUT opérer, c’est évident. Après l’intervention, il te dira c’était pas facile mais qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir (et c’est énorme comme la bite de Rocco) pour te guérir. Bien entendu si le résultat n’est pas à la hauteur c’est la faute de la rééducation ou du patient trop impatient, mais jamais la sienne, comme on dit « pour être traumato, faut d’l’égo »

Juste avant de voir le chirurgien, première étape à la radio. À poil, dans une pièce sombre, seul, tu vois ce bourreau de radio te foutre sur une plaque glacée ou dans le tunnel du scanner et manipuler sans ménagement ta jambe ou ton bras cassé. Puis pompeux et d’une voix sentencieuse, il scande « ne bougez plus » ou « ne respirez plus » de peur que la photo soit floue. D’ailleurs, il lui arrive assez souvent de recommencer son manège sadique, car, comme le photographe amateur et son appareil jetable, il a « mal cadré » et un petit bout d’os n’est pas sur la photo. Puis après un coup d’œil distrait, il te dit « c’est bien cassé, hein » (vu la déformation de ta jambe et la douleur dès qu’on y touche, tu t’en doutais un peu).

Après le diagnostic et avant d’être fendu par la lame du bistouri, il faut voir l’anesthésiste. Ou plutôt un anesthésiste. Car bien souvent celui qui t’endort, n’est pas celui qui t’a vu en consultation. Difficile de faire confiance à un type qui a les yeux rouges et le teint gris (soi disant à cause de la charge de travail et du rythme des gardes) et qui te parle morphine, produits anesthésiants, sédatifs et autres stupéfiants divers. Le jour de l’opération, de nouveau à poil, mais cette fois au bloc, complètement shooté par un petit cachet qui te fait l’effet d’une dizaine de pastagas et d’une bonne douzaine de joints, tu te retrouves avec un chapeau ridicule sur le crâne. Attaché, ficelé, relié à un tas de machines infernales par des câbles électriques dans un concert de Bip-bip et autres bruits peu rassurants, tu flippes. Ce sadique de dealer te fout alors un masque qui pue le pneu cramé, te demande de respirer ou de compter et t’injecte une espèce de liquide blanc épais qui te brûle les veines. Tu luttes, bien décidé à ne pas t’endormir si facilement, mais une chape de plomb s’abat alors sur toi. Puis tu te réveilles quelques heures plus tard comme après la pire cuite de ta vie…

Pour le chirurgien ORL ou Maxillo-facial le rugbyman est également un bon client. Bien intéressé par tes oreilles difformes ou ton pif qui fait crunch-crunch dès qu’il y touche, il adore les challenges et se dit qu’il ne risque pas grand-chose en ce qui concerne l’après-vente et le résultat esthétique. Il adore également te bourrer les narines (façon persil dans le groin) de mèches grasses qui transforme même le plus raffiné des nez en un immonde tarin à la Jeanjean. Ils prennent souvent des photos avant l’opération (prétextant que c’est médico-légal), mais on les imagine facilement se les échanger comme des pokémons lors de leurs congrès (je t’échange les oreilles de De Rougemont et le menton de Pelous contre le tarin de Tournaire et les arcades de Califano …)

Les ostéopathes sont, eux, une race à part. Parfois médecins, parfois kinés, parfois formés sur le tas (on les imagine sans problème ancien catcheur ou équarrisseur) ils adorent te triturer dans tous les sens, te mettre dans les positions les plus humiliantes, placer ton bras gauche derrière l’omoplate droite, puis le genou droit sous l’oreille gauche, façon kama-sutra impossible, uniquement pour entendre le craquement sec de tes vertèbres. Puis, finalement rempli de courbatures et ravi de ne pas finir paraplégique, tu oublies tes petites douleurs initiales de peur qu’il ne t’achève définitivement ou qu’il ne te demande 500 balles de plus (non remboursés par la Sécu).

Finalement le temps arrangera tout, tu oublieras tous ces soucis pour te précipiter dès que possible, malgré leurs mises en garde ou leurs interdictions, sur les terrains de Rugby que tu souhaiteras boueux, car ça fait moins mal quand on tombe, et ça on oublie trop souvent de le dire…….


Commentaires  (fermé)

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jeudi 8 mai 2003 à 08h29 - par  Nenette

Fervente supportrice du RCV, J’ai bien rigolé en lisant cette chronique...Encore bravo.... Nenette

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