Hervé Lecomte

mardi 1er janvier 2002
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Ce premier article (d’Henri Bru, excusez du peu) nous refait un peu le coup de Valenciennes, "capitale de la Belgique du Sud", mais il retrace en toute simplicité le trajet de ce joueur qui a fait quelques très belles saisons au Stade Toulousain et a été sélectionné en France A ! Imaginez un peu la fierté des éducateurs de l’époque lorsqu’il voyait le petit chouchou, celui qui formait la charnière avec Buquet (!) rentrer sur la pelouse des Sept Deniers. Son frère, également licencié au RCV (on le retrouve dans les photos de différentes équipes cadets) et qui fera également une belle carrière (notamment à Périgueux), complète la fratrie certainement la plus médiatique du RCV. (1)

Après sa sélection en 1991 en France A’ contre la Namibie à Arras, Lecomte compose régulièrement, et pendant plusieurs saisons, la 3e ligne du Stade avec Maset et Janick. Oui mais voilà, son étoile pâlit pour en arriver à cet article désolant après la finale 1993. Curieux paradoxe d’un joueur défait, dans un vestiaire de vainqueurs ! (2)

(1) Lecomte le ch’timi (Henri Bru, L’équipe du 23/12/1983)

"Valenciennes vous connaissez ? Oui, tout là haut dans le Nord, à deux pas de la Belgique. Dans ce fief du football il existe un club, et même une école de rugby. Et c’est là que, dès l’âge de huit ans, Hervé Lecomte fit ses gammes avec un ballon ovale. Aujourd’hui fort de son mètre 91 et de ses 90 kilos, ce pur ch’timi est en train de se tailler une place dans le gotha du rugby français. Du Nord à Toulouse en passant par l’Ariège, un drôle d’itinéraire. Si Hervé Lecomte se lança dans le rugby, c’est en premier lieu parce que son père était le président du club local. Un père dont la vie fut marquée par le sport. S’il joua au rugby en cadet à Buly-les-Mines, dans la région de Lens, c’est comme footballeur qu’il s’exprima ensuite le mieux. Champion de France amateurs avec Béthune en 1946 au poste d’avant-centre, international universitaire, il revient à ses premières amours comme dirigeant, une fois installé comme pharmacien à Valenciennes. Hervé Lecomte confie aujourd’hui : "Le football ne m’a jamais intéressé. J’ai commencé à jouer au rugby et j’ai continué jusqu’à 19 ans. Je jouais en première comme 1/2 d’ouverture. Nous étions en séries régionales." Puis, à 20 ans, ce brillant étudiant passa des concours à l’issue de ses classes préparatoires. Et il fut reçu à Sup Aéro, une école aéronautique de Toulouse : "Voilà pourquoi je suis venu à Toulouse et j’y habite depuis quatre ans. La première année je n’ai joué qu’en universitaire, puis deux amis qui étaient à l’école avec moi m’ont fait signer dans leur village, à Daumazan dans l’Ariège. La première année saison j’ai joué ailier, puis troisième ligne."

Ascension météorique

Ce 3/4 aile reconverti ne tarda pas à attirer l’attention des dirigeants de Foix, le club du groupe B voisin. Puis celle des sélectionneurs de l’équipe des Pyrénées qui le firent débuter en Coupe des Provinces. Enfin, celle des responsables du Stade Toulousain. Une ascension météorique qui avait de quoi impressionner le plus calme des hommes : "C’est vrai, lorsque j’ai signé au Stade, je me demandais un peu où j’allais. Mais c’était une expérience que j’avais envie de tenter. Tout en sachant bien dès le départ que sur le plan du rugby pur et en particulier du rôle de troisième ligne aile, j’avais beaucoup à apprendre." A Foix, on utilisait surtout ses qualités physiques largement au-dessus de la moyenne. Pourtant, en raison de la distance, il n’allait que rarement s’entraîner dans l’Ariège. Au Stade Toulousain, le régime est bien différent : "Sans aucun doute, et c’est logique, les séances sont bien plus intenses. C’est nécessaire pour suivre le rythme. Et puis la concurrence est bien plus grande à Toulouse en raison de la richesse de l’effectif. Je consacre plus de temps au rugby que par le passé, mais ce n’est pas une contrainte qui me pèse." Troisième ligne complet, Hervé Lecomte était en raison de sa formation, plus attiré par l’attaque. Mais il s’est vite mis au goût du jour : "A Foix, je n’étais pas très astreint au paquet. Au Stade, il a fallu que je sois plus vigilant en défense. C’est surtout une question d’expérience et tout n’est pas encore parfait à ce niveau. Mais maintenant je dois dire que troisième ligne aile est mon poste préféré. Surtout parce qu’on participe au jeu en permanence." Après un début de saison fracassant, Hervé Lecomte a quelque peu marqué le pas ces dernières semaines. Des douleurs vertébrales le handicapaient, et son besoin de souffler était bien compréhensible. : "J’ai fait le stage de Soustons au mois d’août et depuis je n’ai pratiquement pas arrêté." De plus, il vient également de débuter comme ingénieur dans une firme aéronautique de Toulouse. En six mois, cela fait beaucoup de bouleversements dans une vie. Au point qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps pour le squash, et le cinéma, ses distractions préférées du bon vieux temps estudiantin… "

(2) Hervé Lecomte la cassure

"Il était bien difficile de pénétrer dans le vestiaire des vainqueurs. Pendant que Thierry Maset, qui avait assumé jusqu’au bout l’héritage d’un certain Jean-Pierre Rives au point d’ensanglanter son maillot frappé du n° 6, se faisait recoudre le cuir chevelu, ses équipiers faisaient et refaisaient le match devant micros et stylos. A l’écart, dans le fond de la pièce, un colosse blond semblait sur une autre planète. Normal, direz-vous pour un ingénieur de Matra Espace. A ceci près qu’Hervé Lecomte, dont le portrait et le credo avaient fait l’objet d’une page publicitaire aux couleurs de son employeur, dans le programme officiel, était à cent années lumière de son boulot. Il était, tout entier, face à une immense déception. Sans que nous ne puissions dire si ses yeux rougis étaient le fruit d’une détresse, évacuée dans l’anonymat des douches, ou de la fumée ambiante.

Déjà, lors de la présentation des équipes au président Mitterrand, il nous était apparu détaché. "C’est vrai, je n’arrivais pas à m’intéresser au match. Je savais que je ne rentrerais, sauf accident, qu’à dix minutes de la fin. Mais, à la limite, je m’interrogeais afin de savoir si je pouvais m’y impliquer."

Des propos totalement inattendus de la part de ce Valenciennois dont les carrières sportives et professionnelles sont étroitement liées aux noms du Stade et de Toulouse. "Tu sais, désormais, les choses ont été trop loin. Pas une fois, cette année, on ne m’a donné une chance. Qu’il s’agisse des trois matches importants de la phase de qualification ou des quarts, demi-finales ou finale. Aujourd’hui, c’est la 3e finale du Stade Toulousain en cinq ans. C’est la 3e que je joue sur le banc des remplaçants. Je n’ai rien à ajouter…"

Sa détresse faisait peine à voir. Pourtant, ce titre, cette œuvre collective pour ce Bouclier, là, à deux crampons devant lui ? "Je suis content pour certains copains. Mais je ne me sens pas concerné par ce titre".

Quelque chose se serait-il cassé entre Hervé et le Stade, samedi ? "Oui" répondit-il sans l’ombre d’une hésitation."

[Cet article, probablement extrait d’un n° de l’Equipe de mai-juin 1993, est signé G. G.]


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