Sale matin (souvenirs de la finale 2001)

Chronique Parisienne
lundi 21 avril 2003
popularité : 1%

Rétrospectivement, on peut se dire que la journée débuta comme une chanson de Souchon : « Tout commence un sale matin… ». Pourtant, à l’approche de Cambrai, ce sont plutôt des vers de Victor Hugo qui me revinrent en mémoire : « Les champs n’étaient pas noirs, les cieux n’étaient pas mornes. Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes, sur la terre étendu ». Le soleil, en effet, avait décidé d’illuminer ces terrains de rugby cambrésiens où se jouait le sort des seize équipes en présence. Au passage, ce même soleil n’oublia pas de venir taper sur le visage de notre cher « Eric Chat Crevé », qui arborait en fin d’après-midi une tête d’un splendide rouge écarlate, vibrant appel à la Biafine…

On s’apprêtait donc à vivre un bel après-midi de rugby, même si les premières nouvelles prises en arrivant étaient mauvaises : la B avait, le matin même, perdu 18-16 face à la réserve de Béthune…

La crispation se lisait sur les visages des joueurs. L’apathie transparaissait dans la lenteur de leurs mouvements et de leurs réactions. Sébastien Lodato, visiblement tendu en début de partie, passa tout de même une pénalité, à laquelle l’ouvreur roubaisien répliqua rapidement par un drop. Roubaix se mit alors à « déployer » le jeu que l’on attendait, au ras, par d’incessants allers-retours entre les avants, le 9 et le 10. Il nous vint alors à l’esprit que toute la ligne de trois-quarts roubaisienne avait dû se livrer à un viol collectif sur la femme du demi d’ouverture, tant celui-ci semblait peu enclin à faire jouer ses arrières. Face à cela, Valenciennes contrait bien, passant même vingt minutes dans les 40 mètres des oranges et noirs. Cette période, hélas, s’avéra stérile. Nos bleus, en effet, ne parvenaient pas à rentrer dans le match. Les touches étaient catastrophiques, les quelques percussions se faisaient sans que jamais le soutien parvînt à arriver à temps ; plus grave, certains avants semblaient s’échapper du défi physique, réticents à péter dans le tas. Comptabiliser les lancers ratés et les ballons perdus sur les regroupements devint rapidement impossible. A l’approche de la mi-temps, le score en était à 6-3 pour le RCV lorsque les avants de Roubaix, sur une touche proche de l’en-but, se mirent en marche pour aller marquer inscrire un essai non transformé. A 8-6 à la mi-temps, on se disait que les Valenciennois, après s’être fait secouer le cocotier par les coaches, allaient enfin se ressaisir et que, comme ils étaient loin d’être épuisés par ma 1ère période, on allait voir ce qu’on allait voir…

Il était en effet évident qu’il suffisait d’une étincelle pour que les avants avançassent et que les gazelles gambadassent jusque derrière la ligne. Las, la mollesse était toujours de mise. On crut alors que l’entrée de Bouboule, le quasi-dieu vivant, servirait de détonateur. Celui-ci mit le feu, en effet, mais pas comme on l’espérait… Environ 2 minutes après son arrivée dans le pack, il fut invité à aller se reposer dix minutes derrière les poteaux. A 14 contre 15, les Valenciennois résistèrent plus qu’honorablement, bien aidés par le 10 adverse, fort malheureux dans ses tentatives. 8-9, puis 11-9 à dix minutes de la fin, le match, toujours cadenassé par les Roubaisiens, semblait prêt à basculer à tout moment. C’est alors que, sur un remake de la toujours efficace Chameyrat, le président-talonneur, revenu en jeu, alla aplatir la gonfle derrière la ligne. L’arbitre principal leva le bras pour indiquer la validité de l’essai, les supporters oranges et noirs hurlèrent leur désespoir, Bouboule nous gratifia d’une galipette de joie. Soudain, l’arbitre de touche (celui-là même qui, le matin, avait fait invalider un essai de l’équipe réserve) eut une moue dubitative, à la suite de laquelle son collègue de champ revint sur sa décision et siffla une mêlée pour Roubaix. Le coup fut fatal à nos joueurs, qui semblèrent alors définitivement assommés. Au coup de sifflet final, l’exultation roubaisienne contrastait évidemment avec les larmes valenciennoises.

De retour au Club House, lorsque la bière et le whisky se furent unis pour délier les langues, il apparut qu’un étrange paradoxe semblait responsable de la défaite. Une trop grande assurance des Valenciennois s’était mise en ménage avec un complexe des avants face au seul pack qu’ils n’avaient pu battre cette saison. Ce concubinage néfaste avait conduit à la naissance d’une apathie fatale à laquelle les bleus avaient succombé. L’arbitrage, imparfait pour les deux équipes, ne pouvait raisonnablement être mis en cause, sauf par les malhonnêtes congénitaux. Ce dimanche, l’envie, la victoire et l’accession en troisième division étaient roubaisiennes ; les regrets, la défaite et une chance de rachat face à Versailles pour la montée au niveau supérieur étaient valenciennois.

A suivre, donc…

- Retrouvez (finales 2003)ICI les équipes finalistes, les horaires des rencontres, et les résultats (à partir du 27 avril !)
- Participez (finales 2003)LA aux pronostics sur toutes les finales !


Brèves

31 mars 2008 - Le site du RCV en Chti

Afin que tous les valenciennois puissent comprendre le site, celui-ci a été traduit !
(cliquez (...)

26 novembre 2007 - Carnet noir

Le père de notre ami Olivier Petitcunot, dirigeant du RCV, est décédé dans la nuit de vendredi (...)

4 octobre 2007 - Des hormones féminines dans la bière ?

Lors de la dernière troisième mi-temps on discutait de choses et d’autres, lorsque (...)

1er octobre 2007 - Une excellente histoire

Sur le parking du bar. Un gars sort du bar en titubant. Un véritable désastre !! Il lui faut 5 (...)

14 septembre 2007 - Humour...

Un homme est assis dans un stade de RUGBY. C’est la finale de la Coupe de Monde, toutes (...)